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2021-03-11T14:35:50+01:00

Terres et Hommes Rouges

Publié par divagations-et-balades

          Avec ce que je vais dire, j'avais fait scandale en 1978. On m'avait désignée pour faire un exposé devant des confrères médecins, et au lieu de l'exposé médical attendu, j'avais raconté ceci : ( mais je signale que personne ne m'avait demandé d'arrêter et qu'on m'avait écoutée jusqu'au bout, en silence).

          Je voudrais vous raconter une histoire, une histoire simple de vie et de mort, avec peut-être quelque chose en plus, le filigrane d'une condamnation.

          Il y a bien longtemps, dans les terres de feu et de glace de l'Arizona, vivait un étrange peuple. Il habitait d'inaccessibles demeures, creusées à même la montagne, pour se protéger d'animaux immenses et féroces, et peut-être aussi d'ennemis inconnus.

Terres et Hommes Rouges

          Cela dura bien des années, et, brusquement, en l'espace de quelques lunes, ce peuple disparut. Tout le monde partit, et personne jamais, ne sut ni pourquoi, ni pour où.

          Ces hommes ont laissé, gravés dans la pierre, des messages que personne, jamais, n'a su déchiffrer.

          Ils étaient sans doute les premiers Américains, ceux que les Indiens actuels appellent " les Grands Ancêtres ". Ils se nommaient les Anasasis.

          Bien des années après, d'autres hommes surgirent et occupèrent les grandes plaines et les montagnes de l'Ouest. 

Terres et Hommes Rouges

          Etaient-ils la résurrection des premiers ? Ils ressemblaient à leur terre, rouges comme elle, farouches et pleins de chaleur, comme elle, et faisant, comme elle, jaillir vers le ciel et l'Esprit qui l'habite, des élans venus du plus profond d'eux-mêmes.

Terres et Hommes Rouges

          Pendant des siècles, ils vécurent libres dans ces territoires qu'ils s'étaient partagés. Puis, se levèrent les jours du mal, et survint l'homme blanc et son besoin de conquêtes, conquête des terres, mais aussi conquête des âmes.

          Ils enfermaient leur dieu dans d'orgueilleuses demeures et voulurent obliger le Grand Esprit à s'incliner devant ce dieu étranger, car personne ne savait que c'était le même.

          Les flèches ne pouvaient pas grand' chose contre les boulets, et l'attrait des richesses indiennes était trop puissant.

          Le temps passa. Puis vinrent d'autres hommes des rives orientales. Ils avaient entendu parler de l'or des eldorados de l'Ouest. Alors, ils attelèrent leurs chevaux, chargèrent leurs chariots, et commencèrent à disputer aux Indiens, leur terre et leur subsistance.

          Souvent le voyage tournait court et il ne restait de leurs espoirs et de leur ambition, qu'un chariot abandonné au temps.

          Mais il en vint d'autres, et d'autres encore. Ils construisirent des forts, puis des villes.

Terres et Hommes Rouges

          Alors s'éleva le chant des guerres indiennes, et il exprima cette folie messianique qu'eurent les Hommes rouges désespérés de la fin du XIXème siècle. Mais il n'était que le rêve d'un peuple mort dans la neige ensanglantée de Wounded Knee au soir tragique du vingt neuf décembre mille huit cent quatre vingt dix., 

          Maintenant, que reste t-il de ces fiers guerriers, de ces Braves aux longues chevelures qui galopaient dans le grand vent de liberté de la prairie ?

Terres et Hommes Rouges

          Le petit-fils de Geronimo pose pour les touristes de Old Tucson, paré des plumes dérisoires de sachems disparus. Les Navajos cachent leurs hogans au fond fertile des canyons brûlés du désert, et leurs femmes gardent de maigres troupeaux, ou vendent des colliers de turquoise sur les trottoirs du vieil Albuquerque ou de Santa Fé.

          Mais peut-on tuer à jamais l'âme d'un peuple ? Les bisons sont-ils seuls à garder à l'arrière de leur front têtu et résigné, la nostalgie des équipées sauvages et du temps de la liberté ?

          Non, l'âme indienne n'est pas morte; tous les ans les tribus se rassemblent pour revivre l'ancienne civilisation, même si ce rassemblement a pour témoins curieux et seulement préoccupés de folklore, les descendants de ces Hommes blancs qui les dépouillèrent.

          Et si certain soir du mois d'août, aux confins des terres rouges de l'Ouest, on peut entendre encore le chant de la princesse cheyenne, il ne cache pas que résonne encore sur Harney Peak , la prière désespérée d'un vieil indien qui pleurait dans la bruine et qui criait aux Grands Pères de l'univers :

          " Vous me voyez là, un homme pitoyable, écrasé, et qui n'a rien fait ".

          Ce vieil homme, c'était Elan Noir, petit cousin de Crazy Horse, et dernier survivant de Wounded Knee.

Terres et Hommes Rouges

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