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2018-08-19T04:31:00+02:00

La pensée du dimanche - 19/08/2018

Publié par divagations-et-balades

        Aujourd'hui, sans complexe, je " convoque "Monsieur de Chateaubriand" à la barre.

        Comment !!! Il y aurait un procès ? Et l'auteur du Génie du christianisme, des Mémoires d'Outre-tombe.......y serait impliqué ???

        Lui ? Le père du Romantisme !!! Mais qu'a t-il donc fait ? Et si longtemps après ?

La pensée du dimanche - 19/08/2018

        Ce n'est pas à l'écrivain que je fais référence, mais à l'homme politique qu'il fut, celui dont Charles de Gaulle disait que son intelligence aiguë, son sens de l'histoire et la connaissance qu'il en avait, son souci de la grandeur nationale, auraient pu l'amener à être un grand ministre.

        Et tout à coup, une évidence me saute aux yeux : l'absence totale de ces qualités, pourtant fondamentales, chez les politiciens d'aujourd'hui, et, par là, la carence absolue d'hommes d' Etat dans la France du nouveau monde.

        En fait, l'ancien monde, qui ressemblait beaucoup au nouveau, en un petit peu mieux, manquait déjà cruellement d'hommes d'Etat depuis un certain Georges Pompidou, le dernier qui ne voulait pas enquiquiner les Français.

        Ah ! la funeste décadence !!!

        Il y a cependant une qualité qui est restée : l'ambition. Nul ne peut dire que les politiciens qui se sont succédés depuis depuis près de quarante ans en aient manqué.

        Alors, qu'est-ce qui ne va pas ? Eh bien, c'est là que je vais laisser répondre Monsieur de Chateaubriand :

     " L' ambition dont on n'a pas les talents, est un crime ".

        Les talents !!!! Tiens donc !

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2018-08-16T16:52:08+02:00

Le parc de Chavat - Le puits du dieu cornu

Publié par divagations-et-balades

          Ce puits est effectivement beau et.....énigmatique.Quel est cet atlante cornu qui soutient une partie de la margelle ?

Le parc de Chavat - Le puits du dieu cornu

          Un satyre ? Mais il devrait avoir des pieds de bouc ! Un silène, dépouillé de son enveloppe hideuse pour révéler le dieu qui est en lui ?

          Le puits représente " en même temps " la vie et la mort.

          C'est sur sa margelle que se nouent les amitiés, les intrigues amoureuses. C'est un lieu féminin; Ce sont les femmes qui de toute éternité viennent chercher l'eau du puits, et, comme le dit ironiquement Jean Rameau, papotent, cherchent des histoires dans la Lune pour les colporter ensuite.

          Mais le puits est aussi le trou sans fond qui communique avec le séjour des morts. C'est la porte du néant qu' empruntaient préférentiellement les candidats au suicide jusqu'au milieu du XXème siècle.

          Que sont ces atlantes et cariatides qui en décorent les huit faces ? 

Le parc de Chavat - Le puits du dieu cornu

          Et cet Homme-Serpent qui semble défier le ciel ?

Le parc de Chavat - Le puits du dieu cornu

          N'incarne t' il pas l' immortalité, l' infini, les forces souterraines créatrices de vie ?

          Et d'ailleurs, cet infini se retrouve dans la forme octogonale du puits. Le nombre " " n'est' il pas celui qui représente l'infini ? Celui de l'équilibre cosmique ? Le symbole de la transformation et de la renaissance ?

          Le puits est aussi symbole de la connaissance; ne parle t'on pas de ces êtres qui sont de vrais " puits de science " ?

          Mais c'est aussi celui du secret, de la dissimulation. La Vérité ne se cache t'elle pas au fond ?

          Ce puits m'interpelle; que fait'il ici ? Le maître de ces lieux était sans doute enclin à la méditation philosophique et métaphysique. Mais en fait, quel meilleur endroit pour réfléchir à la vie, à la mort, qu' en pleine nature, au bord d' un fleuve qui, immuablement, s' écoule pour se jeter et se fondre dans le vaste océan. Et je ne sais pas pourquoi me revient ce petit poème anglais qu' André Maurois cite dans " Climat " :

                         From too much love of living     

                                           From hope and fear set free

                                           We thank with brief thankgiving

                                           Whatever God may be

                                           That no life lives for ever

                                           That dead men rise up never

                                           That even the wearest river

                                           Winds, somewhere, safe, to sea

( Délivrés d' un trop grand amour de la vie

  Délivrés de l'espoir et de la crainte

  Nous remercions brièvement

  Dieu quel qu'il puisse être

  De ce qu'aucune vie ne vit pour toujours

  Que les morts ne se relèvent jamais

  Que même la rivière la plus lasse

  Surgit quelque part, sauve, dans la mer )

  

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2018-08-13T18:12:15+02:00

Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or

Publié par divagations-et-balades

          Heureusement, les sots n'ont pas sévi dans tout le parc, mais sans doute, ayant été pris en flagrant délit, n'en ont-ils pas eu le temps.

          Nous nous dirigeons vers le belvédère pour admirer la Garonne qui commence ici, à échanger sa couleur verte contre les reflets mordorés qui l' envahiront totalement à Bordeaux.

Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or
Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or
Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or

          Sur la rive opposée commencent les coteaux de l' Entre-Deux-Mers, et l'eau a pris la couleur des vins liquoreux de Sainte Croix du Mont.

Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or

          Tout près, quelques marches de pierre m'intriguent. Je descends et me trouve dans une salle végétale ronde. A quoi pouvait-elle bien servir ? A des rendez-vous secrets sans doute.

Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or

          Puis mon regard est attiré par un immense magnolia au tronc assez extraordinaire;

Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or

          Je suis amoureuse des grands arbres, et le magnolia fait partie des plus beaux J'en ai un chez moi, beaucoup moins imposant, mais qui nous donne de belles et odorantes fleurs.

Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or

          Mais qu'est ceci ? Un puits en bronze ! Il semble magnifique sur son socle de marbre octogonal.

Le Parc de Chavat - Où la Garonne devient d'or

          Je vais aller le voir de près.

          A plus tard !!!

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2018-08-10T17:45:45+02:00

Vous avez dit bêtise ???

Publié par divagations-et-balades

          Cette semaine je suis allée à Podensac, petite bourgade girondine dans le vignoble des Graves, sur la rive gauche de la Garonne.

          Il y a dans cette commune, un parc classé jardin remarquable en deux mille onze, et qui porte le nom de Chavat, patronyme de la famille qui possédait ce domaine au XVIIème siècle.

Vous avez dit bêtise ???

          Après qu'il ait été délaissé à la fin du XIXème siècle, un passionné nommé François Thévenot a entrepris en mille neuf cent quatorze, de le sauver de la ruine, et a transformé le domaine en jardin remarquable.

          Pour cela, il a fait appel à des artistes du temps; parmi eux, un paysagiste parisien Charles Bouhana, un architecte bordelais Henri Marmisse, et un autre, suisse, Charles Edouard Jeanneret, plus connu sous le nom de Le Corbusier, pseudonyme qu'il prendra en mille neuf cent dix neuf. Deux sculpteurs : l' un, italien Ernesto Gazzeri, l' autre polonais Pio Welonski.....

      Marmisse réalisera le château, 

Vous avez dit bêtise ???

          Et le futur Le Corbusier, le château d' eau en mille neuf cent dix sept;

Vous avez dit bêtise ???

          Celui-ci, très moderne, comprenait même un ascenseur.

          Dans le parc, Gazzeri réalisa des sculptures en marbre : statues isolées toutes de facture classique :

Vous avez dit bêtise ???
Vous avez dit bêtise ???
Vous avez dit bêtise ???

          Et une fresque de marbre symbolisant Les Mystères de la vie.

          Mais là............Stupeur !!! Je me suis trouvée devant un véritable désastre. La fresque a été vandalisée le huit mai dernier par trois jeunes ignares, incultes et stupides qui ont décapité la plupart des personnages. ( Ils ont été pris en flagrant délit ).

Vous avez dit bêtise ???

          Alors vite, Wikipedia pour la voir telle qu'elle était avant le passage des crétins.

clic droit pour agrandir

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          Un tel degré d'imbécillité est vraiment un mystère insondable.

                     Bêtise, quand tu nous tiens !!!

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2018-08-06T19:10:31+02:00

Mystère !!!

Publié par divagations-et-balades

          Dans notre jardin, il y a un magnifique acacia qui fleurit chaque printemps, comme tous les acacias de France.

Mystère !!!

          Sympa, il laisse traîner ses fleurs presque jusqu'au sol, pour que nous puissions les attraper et faire de délicieux beignets.

          Puis, subissant la dure loi des saisons, les fleurs flétrissent, les feuilles se dessèchent ensuite sous l'implacable soleil de l' été. C'est la norme.

Mystère !!!

          Or, samedi midi,(ou plutôt 13h30), nous déjeunions ma soeur et moi, à l'ombre du parasol ,sur la terrasse, et voilà que levant les yeux vers le ciel impitoyable, ma soeur dit : " alors ça ! ". Comme je la regardais d' un oeil interrogateur, elle ajouta : " tu as vu quelquefois un acacia fleurir en plein été ? ".

          Intriguée, je regardais à mon tour.........mais non, elle n'a pas la berlue, il est bien fleuri et surtout dans les plus hautes branches. Et ce qui est curieux, c'est que ceci ne concerne que notre acacia. ceux des voisins n' ont pas refleuri.

Mystère !!!

          Ceci m'interpelle et éveille ma curiosité.

          Alors j' ai cherché. Je me suis d'abord souvenue de la  symbolique de l'acacia en Egypte ancienne. Osiris, dans le Papyrus d' Ani du Livre des Morts, est salué ainsi :

                  " Hommage à toi Ô Seigneur de l' Acacia "

          Depuis la plus haute antiquité, l' acacia est un symbole solaire, incarnation de la vie éternelle. Ses fleurs fanées signifient la mort. Son bois, dur et imputrescible, le rattache à l'immortalité.

          Pour les Hébreux, le " Shitta " est le bois sacré avec lequel fut construite l' Arche d' Alliance, et c'est aussi le bois du Tabernacle. Il est là aussi, lié à l'immortalité et associé au deuil.

          Est-ce le hasard qui le fait refleurir au moment où l'âme de Victor s' est envolée ? mais il parait que le hasard n'existe pas, et que c'est D.ieu qui se promène incognito. Vient-il nous délivrer un message ?

          Mais qu'importe ! Nous recevons ces fleurs de cet arbre symbole de vie éternelle, de mort et de renaissance, et nous lui disons merci, ne serait-ce que pour cette offrande de beauté, même si aucun sens ésotérique et sacré ne s'y cache.

Mystère !!!

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2018-08-04T10:33:39+02:00

Les chimpanzés du futur vous saluent bien !

Publié par divagations-et-balades

          Connaissez-vous cet homme au sourire si doux ?

Les chimpanzés du futur vous saluent bien !

          Il se nomme Ray Kurzweil. C'est un savant, né en mille neuf cent quarante huit dans le district de Queens à New York. Il est auteur, ingénieur, chercheur et....futurologue. Et c'est cette dernière fonction qui m'a intéressée.

          Intelligence artificielle, prospective, futurologie.........autant de thèmes qui m'ont longtemps fascinée jusqu'à ce que......mais n'anticipons pas.

          Cet homme est un sérieux professeur au prestigieux MIT, en français : institut de technologie du Massachussetts. Forbes le décrit comme une machine cérébrale ultime, et le très sérieux Wall Street Journal le considère comme un véritable génie. Google l'a engagé en tant que directeur de l'ingénierie pour piloter ses projets sur l'intelligence artificielle.

          Il semble qu' en notre siècle où D.ieu est mort,( sauf Allah ), paradoxalement on fait ressurgir le vieux rêve prométhéen de se substituer à lui.

          Kurzweil prévoit que des nanorobots seront utiliser pour maintenir le corps humain en bonne santé, et prolonger la vie humaine jusqu'à des limites qui frôlent l'infini. Le transhumanisme est né et avec lui, l'homme augmenté, une élite qui deviendra maître du monde.

          De plus en plus considéré comme une machine dont on change les pièces défectueuses, l' homme augmenté sera t'il encore humain ?

          Et ce qui m' enthousiasmait il y a relativement peu de temps, me révulse maintenant. Et ce n'est pas cette phrase de Ray Kurzweil qui va me faire changer d' avis. Et c'est en vert que je vais l'écrire, couleur qui est celle du maléfique.

          " Ceux qui décideront de rester humains et refuseront d'être augmentés, auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur ".

          Et la Vie dans tout ça ? La Vie, le plus beau cadeau qui nous ait été donné mais aussi le plus cruel. Cette vie formidable mais qui, un à un, nous enlève tous ceux que nous aimons. Famille, amis.......et cet autre membre de la famille, ce chien qui m'a choisie un jour, quand il était une petite boule de poils soyeux de quelques jours chez l' éleveur chez qui j' étais allée l'acheter.

          Cette Vie prodigieuse et impitoyable, de rire et de sacralité, qui un jour s'inverse et fait le vide autour de nous, et qui une fois de plus est venue s'inviter vers 4h du matin en nous laissant en contre partie une si grande tristesse.

          Je sais, certains diront que ce n'est qu'un chien et qu'il ne faut pas exagérer. Mais chaque peine est proportionnelle, et ce petit compagnon qui savait si bien donner un amour inconditionnel a partagé plus de quatorze ans de nos vies, et depuis ce matin, la maison est bien vide.

          Le transhumain, moitié homme, moitié robot, sera peut-être à l'abri du chagrin. Son chien robot cassé, il le remplacera par un autre chien robot.

          Finalement, je serai un chimpanzé du futur, pardon, une guenon, mais qui saura encore prendre le risque d'aimer en sachant qu'un jour il faudra pleurer.

Les chimpanzés du futur vous saluent bien !

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2018-08-01T17:41:35+02:00

Derrière le rideau de fer 3 - La fin du voyage

Publié par divagations-et-balades

          Nous voilà de retour au Hilton Buda, avec l'espoir de pouvoir téléphoner à notre mère. Mais..........ça recommence : " Et pourquoi voulez-vous téléphoner en France ? "..........La conclusion est évidemment la même : c' est impossible.

          Nous allons donc visiter Pest, et pour cela, il suffit de passer le pont !

Derrière le rideau de fer 3 - La fin du voyage

          Construit de mille huit cent trente neuf à mille huit cent quarante neuf, celui-ci fut, en son temps, le plus grand pont suspendu avec des chaînes. Il s' appelle d' ailleurs : Pont des chaînes. Lors de son inauguration, tous les usagers durent s'acquitter d' un péage.

          Une légende se rattache à ce pont. Deux lions de pierre montent la garde à chaque extrémité, et leur sculpteur, Jànos Marschalko, se suicida en se jetant dans le Danube, croyant avoir oublié de leur sculpter une langue.

          Depuis Buda, on aperçoit le Parlement hongrois au-delà du pont. Il fut inauguré au début du XXème siècle sur la rive orientale du Danube. Deux ailes se distribuent de part et d'autre du dôme central. La façade est néo-gothique mais le plan de sol est, paraît-il, baroque.

          Nous avons arpenté une rue où se trouvaient quelques magasins. J' ai vu une boutique de matériel médical où les rares appareils en vitrine étaient vieillots, poussiéreux. Puis, nous sommes tombées en arrêt devant une vitrine abondamment garnie à la Fauchon : cigarettes de toutes marques, vins de France, caviar, whisky, foies gras français etc....Mais.....dans cette boutique on ne pouvait payer qu' en monnaie étrangère, de préférence marks ou dollars. Pauvres Hongrois qui voyaient ces produits inaccessibles.

          Nous sommes ensuite rentrées dans une boutique de souvenirs, où nous avons pu discuter un moment avec une vendeuse, qui, inquiète, nous disait de faire semblant de ne pas nous décider à choisir, car il était interdit de parler aux étrangers, à fortiori de l' Ouest. Elle nous avait dit que son fils s' était échappé en mille neuf cent cinquante six et qu' elle ne l' avait jamais revu. Il vivait à Genève, et il n'était pas interdit de voyager, mais un passeport coûtait un an de salaire. On mesurait la perversion de ce régime. 

          Nous avons continué notre balade, et sommes arrivées sur une immense place : La place des Héros.

Derrière le rideau de fer 3 - La fin du voyage

          Cette place a été réaménagée en mille huit cent quatre vingt quinze pour célébrer les mille ans de l' arrivée des tribus hongroises dans cette région des Carpathes.

          Elle est surtout connue pour son monument du Millenium : la colonne centrale surmontée d'une statue de l'archange Gabriel. A ses pieds, les statues équestres des chefs des sept tribus.

Derrière le rideau de fer 3 - La fin du voyage

          Dans les quarts de cercles derrière la colonne, se trouvent les statues de neuf rois hongrois et de cinq rois de la famille des Habsbourg, quand la Hongrie faisait partie de l'empire autrichien. Ces derniers avaient été enlevés par les révolutionnaires communistes en mille neuf cent dix neuf, puis rétablis. Quand nous sommes allées à Budapest, ils avaient de nouveau été enlevés par la dictature communiste après la Seconde Guerre Mondiale, et remplacés par des statues de héros hongrois.

          Nous arrivons maintenant à la fin du voyage. Nous allâmes jeter un dernier regard à ce beau Bastion des pêcheurs derrière l'hôtel.

Derrière le rideau de fer 3 - La fin du voyage

          Le lendemain matin, sur le tarmac de l'aéroport, tout prés de notre avion, s'en trouvait un autre en partance pour Kiev. Nous avons fait très attention de ne pas nous tromper.

          Décolage ! Ouf ! Adieu le rideau de fer. C' était vraiment pesant, mais je suis contente d'y être allée et d'avoir vu de mes propres yeux. Et je comprends ces pays qui, pendant des décennies, ont subi la chape de plomb de la dictature communiste, et qui malgré tout, ont réussi à garder leur âme, bien cachée au fond d' eux-mêmes, de ne pas vouloir accepter le diktat européen d' une immigration étrangère qui en serait un dissolvant mortel.

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2018-07-30T05:10:00+02:00

Derrière le rideau de fer 2 - Lac Balaton

Publié par divagations-et-balades

          Nous voilà donc en route pour le lac Balaton. Nous n'étions pas gênées par la circulation; je ne me souviens même pas avoir croisé ou doublé une voiture. La zone traversée était boisée et déserte.

          Depuis quelques kilomètres, on longeait une haute barrière hérissée de barbelés, sans doute électrifiés, et, flanquée de miradors à intervalles réguliers.

          Evidemment, j' ai stoppé la voiture, pris l' appareil-photos, et suis descendue pour trouver le bon angle. Mais.....le mirador était occupé. Un soldat a crié en gesticulant et brandissant son arme, cette bonne vieille kalaschnikov. Il voulait que je déguerpisse, mais je me suis dite : " je ne comprends pas le hongrois, avançons juste un peu pour voir ". Alors, cet irascible bonhomme a ajusté l' angle de tir de sa kalasch.

          Mais c' est qu'il aurait tiré sur une faible femme ce butor !

          Je suis retournée dignement, sans courir, vers la voiture, et nous sommes parties. Et ma soeur a râlé sur mon côté provocateur. Bon, c' est vrai, et elle avait raison. Nous avons longé, ce que nous supposions être un camp, sur plusieurs kilomètres.

          Puis nous sommes arrivées à Keszthely, cité balnéaire très fréquentée par la nomenklatura est-allemande. Ma soeur s' est disputée avec un gros et virulent berlinois de l'est, à qui elle a rappelé qu' ayant perdu la guerre il ferait mieux de se taire. J' espère qu'il comprenait le français, sinon, je le regretterais toujours.

          Je me demande quand même si ces Allemands de l'est n' étaient pas masochistes, car, c'est dans cette région du lac Balaton, qu'eut lieu, du six au seize mars mille neuf cent quarante cinq, une des dernières offensives de l'armée allemande au cours de laquelle plusieurs dizaines d' unités SS furent décimées.

          Avec le flair qui me caractérise, j' avais réservé dans un hôtel face au lac. Bon d' accord, son nom est "Hôtel Marina"; j' admets que c' était assez facile. J'en ai retrouvé le prospectus :

 

 

Derrière le rideau de fer 2 - Lac Balaton

          Là se sont passés deux événements notoires :

     D' abord la tentative abracadabrantesque d' appeler notre mère, car c'était le jour de la Fête des Mères.

        Il faut demander à la réception. Mais.....non, on ne parle pas français. Pas grave, nous allons parler anglais : mais non, on ne parle pas anglais. Allemand alors ? Oui. Je me lance. ( L' allemand n'est pas ma tasse de thé; un jour je raconterai peut-être dans quelles circonstances j' au du apprendre en vitesse à le baragouiner).

        Je fais donc part de mon désir d' appeler en France. Et là......." Et pourquoi voulez-vous appeler en France ? Non, c' est interdit, mais.....vous pouvez appeler Berlin Est ".

          Et le 22 à Asnières peut-être ?

          Je laisse tomber en me disant que depuis le Hilton de Buda....Mais nous sommes bien ennuyées car notre mère, déjà pas ravie que nous allions au-delà du rideau de fer, devait commencer à s' inquiéter.

     * Le second événement a eu lieu au restaurant de l'hôtel le soir. Un groupe d'une dizaine d'hommes était arrivé. Ils paraissaient obéir au doigt et à l' oeil à un type à l'air sévère, vêtu d' un costume gris plutôt démodé à nos yeux. Il s'agissait d' un groupe d'ouvriers tchèques, venus en voyage de récompense, visiter deux ou trois usines hongroises.

        Mais quelle chance ils avaient dans le paradis communiste de se voir offrir de si exaltantes vacances !

        Cependant, rideau de fer ou pas, le soleil s' en moque, et il nous a offert ce soir-là un beau coucher sur le lac.

 

Derrière le rideau de fer 2 - Lac Balaton

          Celui-ci est le plus vaste d' Europe Centrale. Généralement calme, il peut parfois se transformer en mer déchaînée lors de violents orages venant des Monts Bakony que l'on aperçoit sur l' autre rive.

          Et heureusement, nous étions au mois de mai, car l' hiver, très rude dans cette région, le lac est le plus souvent gelé sur une épaisseur moyenne de vingt cinq centimètres.

          Mais qui irait en Europe Centrale en hiver ?

A bientôt !

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2018-07-28T18:11:56+02:00

Derrière le rideau de fer

Publié par divagations-et-balades

          Finalement, nous gardons la visite de Pest pour plus tard, au retour d' un petit voyage à Pécs, ville non loin de la frontière roumaine.

          Dès le départ de l' hôtel :

     * première surprise : nous devons indiquer notre destination,

     * deuxième surprise : on nous indique le temps estimé pour joindre cette ville avec une légère autorisation de dépassement en cas d'aléa.

     * troisième surprise : interdiction de rassemblement de plus de trois personnes dans les rues.

          Eh bien ! Moi qui aime flâner et prendre le chemin des écoliers ! Nous allons devoir filer d' une traite. Il nous embête ce type ! Sans doute un genre de commissaire politique.

          Et si je veux traîner en route....Et si je suis en retard, qu'est-ce qu' ils vont faire ? Je ne suis pas hongroise moi. Et si je n'en faisais qu'à ma tête...... pour voir.

          Mais ma soeur joue les rabat-joie. Elle n'est pas rassurée et de plus, elle a sans doute raison. Ces gens-là manquent peut-être d'humour. 

          De toute façon, entre Budapest et Pécs il n'y a pas grand-chose à voir, à part de bizarres minuscules maisons avec une seule porte surmontée d' une seule fenêtre. Des maisons de Schtroumpfs.

          Nous arrivons à Pécs. Je ne me souviens plus du nom de l' hôtel. Il était en plein centre, non loin d' une synagogue. Il y avait une communauté juive de trente mille membres au moment de la Deuxième Guerre Mondiale. Tous furent déportés par les nazis, seuls trois mille revinrent.

          A l'hôtel, nouvelle surprise : on nous demanda combien de temps nous allions rester. Jusque là, c' est normal, puis on nous confisqua nos passeports. Cela, j' aimais moins, et je nous voyais déjà filer vers la frontière et pénétrer en fanfare en Autriche.

          Je répondis que nous resterions quatre jours. Mais, quand le troisième jour nous annonçâmes que nous allions partir......Surprise :

     " Impossible, vous aviez dit quatre jours, vos passeports ne vous seront rendus que demain ".

          J' aimais de moins en moins. Mais que faire ?

          La chambre aussi nous réservait quelques surprises. Très spartiate et.....une feuille de papier toilette chacune, plus un petit savon d' invité pour deux !

          Je me souviens qu' en occidentale inconsciente, j' étais descendue à la réception pour demander un rouleau de papier......Impossible......J' en avais presque honte d' avoir réclamé devant l' air navré de la réceptionniste.

          Comme on ne pouvait pas sortir le soir, et d' ailleurs qu'aurions-nous pu faire ?, nous avons regardé la télé sur le vieux poste en noir et blanc de la chambre. Et là, ce fut rigolade et consternation.

     * Nous avons vu un documentaire en français sous-titré. Déjà le ton grandiloquent et démodé du reporter, puis les images vieillottes nous firent penser immédiatement que ce reportage datait de la guerre. On y voyait des files impressionnantes de personnes faisant la queue devant une boulangerie, des femmes, portant des cabas de ciré noir, se traînant misérablement, vêtues de tabliers style années quarante, un noir se déplaçant furtivement en rasant les murs, jetant des regards inquiets à droite et à gauche, et se baissant brusquement pour ramasser un mégot sur le trottoir. (Le lendemain, la femme de chambre s'est apitoyée sur nous d'avoir une vie si dure chez les capitalistes)

          Puis, on vit le reporter sonner à la grille d'une villa de St Cloud et un domestique noir venant ouvrir et l' introduisant dans un cabinet de travail. On y vit..........Jean-Marie Le Pen, les pieds sur son bureau, un gros cigare dans la bouche, disant, rigolard : " Vous voyez que je ne suis pas raciste, j' ai un domestique noir ". Ce fut un grand moment !

          Le soir, nous dînions au restaurant de l'hôtel. Nous étions loin de l' image romanesque de la Hongrie que j' avais en tête : tziganes, czardas, Liszt....

   

 

 Derrière le rideau de fer

          Une odeur qui n'excitait pas l' appétit venait par bouffées de la cuisine chaque fois que la porte s'ouvrait sur un serveur. En fait, il n'y avait presque rien à manger et l'essentiel de notre nourriture pendant tout notre séjour fut : le pain.

          Les magasins de la ville, comme ceux de la capitale que nous verrions plus tard, étaient très mal achalandés : d'énormes radis, des oranges de Cuba presque pourries, et.....des sortes de fromages Vache qui rit poussiéreux, vendus........à la portion.

          C' est là, à Pécs, que j' ai vraiment réalisé que nous étions derrière le rideau de fer.

          Et le quatrième jour, passeports récupérés, et selon les mêmes modalités, nous sommes parties vers le lac Balaton.

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2018-07-23T04:27:00+02:00

La méditation du lundi - 23/07/18

Publié par divagations-et-balades

          Qui m' aurait qu' un jour je donnerais en pâture à ceux qui veulent bien me lire, une pensée de Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine.

          Mais je ne sais par quelle association d' idées, les évènements actuels se sont accrochés à une pensée de ce " câmârâde " comme disait Jojo Marchais, qui me manque beaucoup, parce qu' avec lui, au moins le débat politique faisait rire. Et quand il disait " Liliâne, fais les valises " j' étais écroulée de rire. Mais j' ai un doute soudain, n' était-ce pas Thierry Le Luron qui disait ça ?

          Qu'importe, je dois être un peu perverse pour extirper maintenant cette phrase de Lénine, que j' écris en rouge, évidemment :

          " Un homme ne se juge pas sur ce qu' il dit ou pense de lui-même,mais sur ce qu' il fait ".

          Il n' y a qu' un seul individu qui me plait quand il parle de lui avec cette auto-satisfaction qui est un peu sa marque, c' est Hercule Poirot.

 

Statue d' Hercule Poirot à Ellezelles en Belgique

Statue d' Hercule Poirot à Ellezelles en Belgique

          Mais il ne s' agit pas de lui.

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