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Articles avec #afrique du nord catégorie

2019-01-25T14:54:42+01:00

Désolation

Publié par divagations-et-balades

          Nous sommes allés trois ou quatre fois à Nefta, dans le sud tunisien, aux confins du Sahara dont la séparait le chott Ed Djerid, le pays des mirages.

          C'est à Nefta que, lors d'un week-end hivernal, j'ai eu l'occasion de faire une balade en montgolfière, avec un atterrissage forcé et cahotique.......du mauvais côté de la frontière avec l'Algérie,(où je n'étais pas particulièrement la bienvenue), où des camions militaires surgis de nulle part, sont arrivés, menaçants, et nous ont reconduits côté tunisien à notre soulagement. De là, on avait réussi à décoller et à rentrer à Nefta.

          Cette ville était magique; un vrai coin de paradis. Elle était célèbre pour sa " corbeille " une sorte de cirque naturel où cent cinquante deux sources alimentaient un oued qui abreuvait la palmeraie. Ma photo suivante date des années soixante, prise du fameux café de l'Assil.

Désolation

          Plus tard, je l'ai faite connaître à des amis new-yorkais, qui ont gardé de la promenade dans cette palmeraie luxuriante, un souvenir enchanteur

Désolation

          Ces sources étaient une bénédiction faisant de Nefta une oasis inattendue.

Désolation

          Une vie ancestrale s'y déroulait, paisible. Même le trottinement des ânes était plus léger.

Désolation

          Nefta est une ville très ancienne. Elle appartint d'abord à la Numidie, cet ancien royaume berbère qui exista de -202 à -40 avant J.C. et qui s'étendait de la Maurétanie à Carthage, et de la Méditerranée au Sahara.

          Puis elle devint romaine sous le nom d' Africa Nova. Son histoire fut mouvementée à cause des divisions qui firent s'affronter des rois de tribus rivales, puis vinrent les Guerres Puniques avec Rome et Scipion l' Africain.

          Il reste des traces de la Numidie, dans certains noms rappelant un roi comme Jugurtha, ou un mausolée près de Batna en Algérie datant du IIème siècle.

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          Puis surgit la déferlante des cavaliers arabes qui en chassa les Romains.

          Nefta devint alors un haut-lieu du Soufisme. Il s'agit d'un chemin de sagesse, une voie ésotérique et initiatique de l' Islam, organisée en confréries autour d'un saint homme : le Marabout.

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          Isabelle Eberhardt, écrivain (*) de parents russes, devenue française par son mariage, avait adhéré à la doctrine soufie. Elle parcourait l' Algérie habillée en homme, et avait rencontré le Général Lyautey qui avait dit d'elle : Elle est ce qui m'attire le plus au monde : une réfractaire ". Les goûts ont apparemment changé !

          Le Soufisme est à l'opposé du Salafisme.

          Et Nefta aujourd'hui ? C'est la désolation. Dans les années quatre vingt, les sources se sont taries. L'oued a cessé d'abreuver les palmiers, et de la splendide oasis ne restent que quelques arbres étiques qui, malgré le bassin qui a été construit là, en accentuent encore la désolation.

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(*) Les amours nomades

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2017-09-23T18:20:21+02:00

Au pays de la Fantasia

Publié par divagations-et-balades

          En partant de Volubilis, on aperçoit, pas très loin, une grosse bourgade blanche : Moulay Idriss. Idriss devait être un grand saint ainsi que l'indique le suffixe Moulay, sinon, serait Sidi Idriss.

Au pays de la Fantasia

          En fait, cet Idriss venait du Moyen-Orient. Il y avait contesté le droit des Abassides sur la terre d'Islam, mais battu lors d'une bataille près de La Mecque, en sept cent quatre vingt six, il s'était enfui au Maroc avec son compagnon Rachid.

          Bien accueilli par les tribus berbères, il s'installa à Volubilis. A peine né, l' Islam sacrifiait déjà à son sempiternel dada : la conquête du monde. Normal, puisque c'est un ordre d'Allah, et, en Croyant obéissant, Idriss fut celui qui convertit le Maroc. 

          Au bout de trois ans, son pouvoir consolidé, il jouissait d'une grande popularité. Ceci inquiéta et mécontenta fort le calife Haroun al Rachid. Pris d'une colère que même Shéhérazade ne parvint pas à calmer, celui-ci, depuis Bagdad, envoya son fidèle Souleyman au Maroc avec pour mission d'empoisonner Idriss. Ce qu'il fit, en bon serviteur qu'il était.

          L' épouse d'Idriss 1er eut un fils, né quinze mois après la mort d'Idriss. Les mauvaises langues ne crurent pas qu'il était le fils posthume d'Idriss 1er, et insinuèrent même, qu'il était en réalité le fils de Rachid, comme quoi, déjà en ce temps-là, les calomnies allaient bon train !!!

          Cet enfant, Idriss II succéda à son père à l'âge de onze ans. C'est Rachid qui assura la régence

          Idriss II fonda la petite ville de Moulay Idriss et Fès, qui devint la capitale du Maroc d'alors.

         Evidemment, nous avons décidé d'aller voir de plus près. Les contours de la ville se font plus précis à mesure que nous nous approchons. Une lumière dorée teinte les maisons et une grande mosquée exhibe ses toits verts.

Au pays de la Fantasia

          En bas, sur la place, il y a un souk où l'on vend des beignets, des brochettes,

Au pays de la Fantasia

          Et des objets religieux car, Moulay Idriss est une ville sainte. C'est là qu'Idriss 1er a son tombeau et de nos jours encore, on y vient en pèlerinage.

          Tous les ans il y a un moussem, pèlerinage solennel où l'on voit des milliers de pèlerins dresser leurs tentes rayées dans la plaine qui s'étend au pied de la ville.

Au pays de la Fantasia

          Et, il y a la fantasia. La première que j'avais vue était au moussem de Sidi Bibi au sud d'Agadir. mais celle de Moulay Idriss est plus connue et plus importante.

photo extraite de mon livre "l'Afrique du Nord " éd. ODE 1952.

photo extraite de mon livre "l'Afrique du Nord " éd. ODE 1952.

          La fantasia est un rite militaire. Les cavaliers ont revêtu leurs plus beaux burnous, les chevaux sont superbement harnachés, et les cavaliers brandissent leur mousquet ancien au long canon, la moukhala, dûment chargé.

          Ils forment une troupe loin dans la plaine, et, tout à coup, se lancent au galop comme pour une charge, dressés sur leurs étriers en hurlant. Ils galopent de plus en plus vite, et, soudain, alors qu'il semble qu'ils vont renverser tout le monde, ils s'arrêtent net, brandissant les mousquets et tirant tous en même temps.

          Alors la troupe se disloque, et chacun va recharger son arme. Puis, ils repartent former la troupe dans la plaine et recommencent.

          A Moulay Idriss, certaines tribus berbères immolent un taureau devant le Caïd. Vieux symbole remontant au Minotaure. Le testicule de taureau est le mets le plus recherché des hommes.

          Traditionnellement, un moussem dure trois jours.

         Nous allons ensuite nous promener dans ces ruelles escarpées et tranquilles.

Au pays de la Fantasia

          Dans le bas de la ville, non loin de la place, une gamine se hâte, un plateau plein de kessras, ce délicieux pain rond et plat, qui nous met l'eau à la bouche et nous donne faim. (Tiens ! Il y a longtemps que je n'en ai pas fait, et...où est mon plat à pain ?).

Au pays de la Fantasia

          Alors, on va voir ce que l'on peut faire.........

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2017-09-12T05:47:00+02:00

Féerie r'batie

Publié par divagations-et-balades

          Non, je n'ai pas oublié le " e ", ce mot est marocain et signifie " de la ville de Rabat ".

          Outre le Chella et la Tour Hassan, tour inachevée dont on dit qu'il n'en existe que deux autres pareilles au monde : la Koutoubia de Marrakech et la Giralda de Séville,        

Féerie r'batie

          Rabat possède une merveille : La Kasbah et le jardin des Oudaïas. La première fois que j'y suis allée, c'était dans les années soixante, (avec ma vieille 4CV et sans mes lunettes). Il y a quelques temps, en fouinant dans de vieilles boites, ma soeur a trouvé d'anciennes photos que j'avais prises en divers endroits il y a une quarantaine d' années, et que je croyais perdues à jamais. C'était des diapos que j'ai vite portées chez le photographe pour les tirer sur papier afin que je puisse les scanner et les importer.

          Je suis retournée maintes fois à Rabat, et à chaque visite, la magie du lieu renaissait.

          D'abord, ma porte préférée, avec son gracieux fer forgé, plutôt que bab el-kebir, la monumentale porte almohade.

Féerie r'batie

          Et l'on pénètre dans ce jardin de style hispano-mauresque, situé au pied de la Kasbah des Oudaïas, ancienne résidence r'batie des sultans Alaouites. Celle-ci a été bâtie probablement sur un ancien fort romain : le Ksar des Benitargas. Elle a été édifiée au XIIème siècle par les Almoravides pour lutter contre des tribus Berbères résistantes : les Berghouatas. Mais ce sont les Almohades qui, en la transformant en camp militaire, lui donnèrent une grande importance. C'est de là que partirent les armées à la conquête de l'Andalousie.

         Mais assez parlé d'armées et de rebelles et entrons dans le jardin.

Féerie r'batie

          Pendant que certains se promènent et admirent les massifs,

Féerie r'batie

          D'autres travaillent, car la beauté est fatigante et demande un entretien permanent.

Féerie r'batie

          Ce jardin, que l'on appelle maintenant " jardin andalou ", est loin d'être aussi vieux que la Kasbah. Beaucoup de Marocains pensent qu'il est âgé de plusieurs centaines d'années, or, il n'en est rien, il a été créé dans les années mille neuf cent vingt, à l'emplacement de la cour de l'ancienne caserne.

          C'est Maurice Tranchant de Lunel, architecte favori du Maréchal Lyautey qui en a eu l'idée. A ce moment-là, il ressemblait peut-être à cette photo qui date de mille neuf cent cinquante deux.

Féerie r'batie

          Il n'avait pas encore acquis la luxuriance qu'il avait quand j'y suis allée pour la première fois, environ quinze ans plus tard.

         De ce jardin on peut aussi admirer une tour de l'enceinte de la kasbah, elle aussi, bien sûr, du XIIème siècle.

Féerie r'batie

           Et quand les yeux n'en peuvent plus d'être éblouis par tant de beauté, on va au célèbre Café Maure qui occupe une terrasse.

Féerie r'batie

          Dès la porte, qui croule sous les bougainvilliers, on aperçoit la ville blanche de Salé, la ville des potiers, qui s' étend de l'autre côté du Bou Regreg, le fleuve qui la sépare de Rabat.

          Thé à la "menthe nana", gâteaux marocains, une de mes faiblesses, cela m'inspire, je vous laisse pour quelques briouats aux amandes, car justement, j'en ai fait dimanche.

Alors....à bientôt !

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2013-01-25T09:29:00+01:00

Bonus : Une soupe berbère

Publié par divagations-et-balades

 

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                    Nous étions dans un village, accroché à une épaule d' Atlas, loin vers le sud, près de la frontière algérienne. Il était tard, la nuit était presque entièrement tombée, et il aurait été imprudent de reprendre la route. celle-ci nous avait donné du souci pour arriver là; en fait elle était plus une piste, assez mauvaise d' ailleurs, qu' une route.

                    C' est un ami marocain qui nous avait convaincu de venir ici, village natal de la bonne de son enfance, qui s' y était retirée quelques années auparavant.

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                    Nous avons fini par la dénicher, et lui avons fait la surprise de débarquer, car, évidemment, point de téléphone pour la prévenir. Elle nous a reçus avec beaucoup de gentillesse et d' émotion de revoir le garnement qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs. De suite, elle nous a invités à rester c hez elle, à notre grand soulagement, car où aurions-nous pu aller ? et elle nous a préparé un repas sommaire, mais délicieux : une soupe harira. La meilleure que nous ayons jamais mangée.

                    Ce n' était pas une véritable harira m' ont dit plus tard des amies marocaines à Casa, il y avait de la semoule et pas de viande. Tant mieux, je n' aime pas la viande, surtout le mouton, même s' il n' est qu' agneau. Je l' ai trouvée savoureuse, le cumin dominait et c' est mon épice préférée.

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                    De toute façon, c' était une soupe " pauvre " de montagnards berbères, qui n' avait rien à voir avec la soupe harira sophistiquée des villes du nord.

                    Elle m' en avait expliqué la recette; je l' avais notée sur une feuille volante qui, évidemment, s' est si bien envolée que je ne l' ai jamais retrouvée. Mais, j' ai essayé de la refaire, et le résultat n' était pas si mauvais. Il faut des pois chiches, des lentilles, de l' oignon et une branche de cèleri. Jusque-là c' est classique.......mais il y a les épices..... gingembre, cannelle, paprika, curcuma, cumin.....de l' huile d' olive bien sûr et de la semoule fine.

                    On fait revenir l' oignon émincé et le cèleri haché menu. On laisse cuire jusqu' à ce que l' oignon soit transparent et le cèleri tendre.

                    On ajoute alors les pois chiches, les lentilles et les épices. Et de l' eau bien sûr. On laisse mijoter à feu doux et à couvert jusqu' à ce que les légumes secs soient bien tendres. On ajoute de l' eau si besoin.

                    Puis, on ajoute la semoule. Il faut remuer sans arrêt jusqu' à épaississement, environ dix à quinze minutes. On ajoute alors le jus d' un citron, de la coriandre fraîche ciselée, du sel et du poivre et........c' est fini.

                    Il ne reste plus qu' à déguster, en fermant les yeux pour se retrouver dans ce village dont j' ai malheureusement oublié le nom; mais c' est facile, depuis Taroudant, prenez la direction du sud-est et des montagnes et grimpez.................

 

Et pour les amateurs de folklore.........

 

 

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2013-01-21T07:22:00+01:00

Des clics " souvenirs "

Publié par divagations-et-balades

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                    On l' appelait " Alger la Blanche " et, parfois, pour certains, comme avait dit Roland Bacri " Alger la Planche ". On parle beaucoup de l' Algérie en ce moment, une autre, ce qui m' incite à vous parler un peu de la mienne, malgré les couleurs qui s' estompent, les odeurs qui s' affadissent, mais que l' on recrée à volonté............dans la cuisine.

                    Les photos sur papier ont bien résisté au temps, les diapositives ont trahi; j' ai essayé de les arranger au mieux; malheureusement on faisait beaucoup de diapositives.

                    Alger coule vers la mer, c' est le port qui l' empêche d' aller s' y noyer. Et le boulevard Pitolet qui en suit la courbe.

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                    Du Balcon Saint Raphaël, on la voyait dégringoler. J' aimais bien y aller, car, si mes souvenirs ne me trahissent pas, c' était près du Dar El Alia où il y avait de si bons gâteaux.

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Des noms se télescopent dans ma tête, le square Bresson, où j' allais manger des glaces avec ma camarade Claude, la place du Gouvernement où chevauchait le Général Bugeaud dans une cavalcade immobile, la rue de La Lyre par laquelle on accédait à la Casbah. De là, je grimpais la rue Médée et allais avec une amie en visiter d' autres.

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Les joueurs de dominos et les fumeurs de chicha ne nous regardaient pas toujours aimablement. C' était la guerre !

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J' adorais la Casbah; je m' y racontais des histoires, et parfois éprouvais quelques frissons en pensant à Ali La Pointe. Je me suis faite aussi ramassée par une patrouille militaire plus d' une fois, avec un sermon à la clef. Si mes parents avaient su ça !!!

                    La Casbah vibrait d' une vie grouillante, apparemment anodine, mais on savait qu' une vie cachée et brutale y rampait tout bas. Il ne faisait pas bon y traîner en fait, et j' étais sans doute inconsciente et un brin provocatrice, comme toujours. Je me lançais des défis " anti-peur ".

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Des palabres mystérieux s' y tenaient, prés de la bouche noire d' une ruelle;

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des paroles s' échangeaient, qui n' étaient pas toutes anodines;

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le mystère était partout, dans un regard qui suivait dans l' ombre.

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                    C' était Alger des années soixante. Mais il n' y avait pas que le côté sombre. Il y avait encore de la place pour un peu de musique, et je vais m' arrêter là, car il y a toujours des brins de bonheur partout.

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2012-10-09T07:13:00+02:00

Napoléon a oublié son chapeau

Publié par divagations-et-balades

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          Loin, là-bas, à environ deux cents kilomètres au sud d' Agadir, au-delà de Tiznit, se trouve Tafraout. C' est un gros village à mille deux cents mètres d' altitude, dans les montagnes de granit rose de l' Anti Atlas.

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Nous étions à la fin du mois de février; le ciel était léger, des nuages rosés se promenaient, nonchalants, au-dessus de la montagne, et les amandiers étaient en fleurs. Il nous avait été recommandé d' aller à Tafraout ce mois-là, justement pour les amandiers en fleurs. Le spectacle en valait la peine,bien qu' il soit déjà un peu tard.

Cette ville est une cité de légende. On raconte que Napoléon Bonaparte serait passé par là, et la preuve en est qu' il a perdu ici son célèbre petit chapeau. Depuis, en souvenir, on l' exhibe au sommet d' une montagne.

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Cet endroit est magique, d' une beauté à couper le souffle. En faisant le tour du village, nous sommes arrivés dans un lieu complètement chaotique, un grand champ d' énormes cailloux.Dans la vallée : palmiers, oliviers et amandiers.

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Tafraout a été le berceau d' un des plus grands écrivains marocains francophones contemporains: Mohammed Khair-Eddine, né là en mil neuf cent quarante et un. Il est mort à Rabat en mil neuf cent quatre vingt quinze. Son premier roman " Agadir " a reçu en mil neuf cent soixante sept, le prix " Enfants terribles " qui venait d' être créé par Jean Cocteau.

Le souvenir de la beauté du site s' accompagne de celui de la meilleure soupe harira jamais mangée. Depuis, j' en traque la recette. Semoule, cumin et...........? Celle-ci n' avait pas de viande, ce qui nous convenait très bien.

Têtue comme je peux l' être, je finirai bien par la trouver..........

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2012-10-08T06:37:00+02:00

jardins marocains

Publié par divagations-et-balades

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          Les jardins marocains, du plus modeste au plus élaboré, sont des morceaux de jardin d' Eden tombés sur terre. Luxuriance, couleurs, murmures de l' eau, tout est fait pour le plaisir des yeux et le ravissement de l' âme.

Poussons la première porte, une dentelle de fer forgé;

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Celui-ci est petit, mais il enchante par l' harmonie des tons, la fraîcheur de l' eau qui chantonne dans son bassin;

A l' inverse, celui-là semble présenter un aimable fouillis, mais ce n' est qu' apparence;

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Promenons-nous dans quelques-uns de ces jardins de rêve;

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Nous projetons d' avoir une eau murmurante dans notre jardin, je ne sais quand........peut-être l' an prochain avec un peu de chance.......un peu ce genre.......en plus petit,

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pour retrouver ici mon jardin de Casablanca............à moins que cela ne reste qu' un rêve.........

J' aime beaucoup celui-ci :

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Ces jardins sont magiques, une musique à eux seuls, entre le chant de l' eau et celui-des oiseaux. Et quand, parfois, quelques notes de oud flottent dans l' air et arrivent vers nous, telles de légers papillons, on s' envole vers les Mille et unes Nuits, en une sorte de voyage intemporel.............en tapis volant.

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2012-10-07T05:33:00+02:00

Le tombeau de la Chrétienne

Publié par divagations-et-balades

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          A une cinquantaine de kilomètres à l' ouest d' Alger, au village de Sidi Rachid près de Tipasa, se trouve un énorme tumulus cylindrique connu sous le nom de " Tombeau de la Chrétienne ".

Ce nom étrange me laissait présager une histoire, ou même une légende, mais, déception, son origine serait beaucoup plus prosaïque; il viendrait de panneaux de pierre encadrés dans le chambranle de quatre portes, partagés au centre par des moulures disposées en croix.

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Vu de loin, il ressemblait à une grosse meule de foin. Si ce n' était pas le tombeau d' une chrétienne, qu' était donc ce monument ? De quand datait' il ?

Il semble que l' on en parlait déjà quarante ans après J.C. au temps où Rome avait conquis l' Afrique du Nord appelée alors :  Royaume de Maurétanie. Les historiens sont divisés à son sujet. Certains pensent qu' il s' agit d' un mausolée royal construit à la demande du roi Juba II pour son épouse, la reine Cléopâtre Séléné. Pour d' autres, qui le datent bien antérieurement à l' époque romaine, il ne serait qu' une construction indigène, avec une influence grecque cependant.

La reine Cléopâtre Séléné était vénérée par la population locale, son tombeau le fut aussi. Et beaucoup pensent qu' une erreur de traduction a fait de " tombeau de la romaine " le " tombeau de la chrétienne ". Au crédit de cette théorie est le fait qu' au premier siècle de notre ére, le christianisme ne s' était pas encore étendu hors de la Palestine.

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Des amis m' avaient emmenée voir ce monument; étant près de Tipasa, nous en avons visité les ruines romaines. Elles sont bien modestes à côté de celles de Timgad ou d' El Djem en Tunisie, mais je leur trouvais un charme mélancolique.

1-Top-002-copie-3.jpg.Tout près, le jardin d' une villa bien cachée par la verdure; elle était très connue, mais j' en ai oublié le nom et la raison de cette célébrité. Il y avait aussi des stèles et des colonnes romaines dans son jardin.

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Mais il ne fallait pas trop s' attarder, les temps étaient troublés et il ne faisait pas bon circuler à la nuit tombée. Nous décidons de rentrer à Alger. La route suivait la mer, derrière nous, au loin, se profilait la presqu' île du Chenoua, où par une funeste inspiration, nous devions aller quelques jours plus tard, un mauvais jour, mais c' est une autre histoire.

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Mes souvenirs sont moins fanés que les photos, et j' ai encore dans la tête les couleurs qui sur ces images paraissent bien fades.

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2012-10-04T06:11:00+02:00

Luxe, calèche et tanneries

Publié par divagations-et-balades

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          Aprés le thé à ma menthe et quelques briouats et cigares aux amandes et miel, ( mes préférés ), nous décidons d' aller faire un tour chez les bijoutiers. Ils viennent souvent de Tata, village perché là-haut dans la montagne, au sud, où l' on n' accède, (accédait ? ), qu' à dos de mulet. Là, je succombe à un collier de corail à perles d' argent, ( pour remplacer celui beaucoup plus joli que ma soeur m' a piqué, comme mes pull-over. Ah! les soeurs ! Au moins mon frère ne me prend rien de tout ça, il me pique des disques ! ), et une boite à bijoux en argent ciselé.

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Heureusement pour mes finances, en fait de bijoux je n' aime que l' or, et ici, il n' y a que de l' argent. Sinon......Ce n' est pas par snobisme, mais l' argent noircit sur moi. En fait c' est lui qui ne m' aime pas.

L' aprés-midi, nous décidons de faire une balade en calèche, et de jouer les princesses se promenant incognito. En fait, nous ne jouons que les touristes.

Voilà un cocher qui nous fait signe.

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Allez, hop ! Nous voilà parties.

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Nous voulons aller vers le quartier des tanneurs;

Notre cocher nous demande une halte pour besoin physiologique personnel. j' en profite pour photographier une enfilade de remparts bien conservés.

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Nous y voilà; j' aime bien les tanneries, ces cuves de couleurs, ces peaux qui sèchent au soleil;

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Il y en a partout, à même le sol. L' odeur n' est pas très agréable, surtout celle des peaux de mouton je crois.

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C' est vraiment de l' artisanat;

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Je ne sais plus à quoi sert ce four. Fait' il seulement partie de cette tannerie ? Je ne sais plus. Si quelqu' un a une idée ???

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Notre petite excursion à Taroudannt prend fin. Demain, nous rejoindrons Casa, via Marrakech. L' idée insidieuse de Tizi n Test vagabonde dans ma tête.....

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2012-10-03T05:29:00+02:00

La Belle du Souss

Publié par divagations-et-balades

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          Il y a au sud-ouest de Marrakech, par-delà les montagnes du Tizi n Test, une petite cité que j' aime beaucoup : Taroudannt. Elle se blottit derrière ses remparts,

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et l' on y entre par une porte monumentale;

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Taroudannt est un nom berbère dont l' origine est énigmatique. Comme souvent, le légende compense le manque de connaissance. Il y en a deux. La première raconte que ce nom vient de celui d' une princesse syrienne, Reine Roudana, qui serait venue s' installer dans la région; la deuxième viendrait du cri d' une mère berbère dont les enfants auraient été emportés par une crue subite de l' oued au bord duquel elle faisait sa lessive; ce cri : " taroua ddante " veut dire : " les enfants ont été emportés par l' eau ".Cette deuxième légende paraît plus vraisemblable. Que serait venue faire une princesse syrienne si loin du Moyen Orient, aux confins de nulle part ?

Entrons dans la ville. Ici, les femmes sont souvent voilées de noir. Taroudannt fut au XIème siècle, la capitale d' un petit royaume chiite; alors, la syrienne ! Pourquoi pas ?

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Nous avons la surprise de découvrir une jolie promenade fleurie;

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Les habitants de Taroudannt étaient réputés fiers et rebelles, ce qui lui a valu d' être détruite par les Mérinides en mil trois cent six; la ville fut rasée une seconde fois par les Alaouites, ( dynastie actuelle, descendante du Prophète ), qui avaient été humiliés par le Gouverneur de la région de Taroudannt qui avait fait emprisonner le fondateur de cette dynastie. Par la même occasion, les habitants furent massacrés. Bof ! pourquoi faire les choses à moitié !!!

De mil neuf cent douze à mil neuf cent quatorze, la ville fut le siège d' une résistance acharnée à l' armée française.

Nous la traversons en empruntant les typiques ruelles étroites et encombrées;

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A force de déambuler, nous nous retrouvons hors de la ville, dans un décor beaucoup plus rural.

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Nous décidons de revenir vers l' hôtel. C' est " tea time " ! Et un bon petit thé à la menthe avec quelques-uns de ces gâteaux qui vont de suite se fixer là où il ne faut pas, nous tentent assez. En ce temps-là, je m' en moquais, je pouvais en manger trois douzaines d' affilées sans prendre un gramme. Heureux temps !

Mais qu' est-ce que je raconte, je suis en France, alors je vais aller boire un thé à la menthe.....sans gâteaux. Eh ! zut ! Je me suis mise l' eau à la bouche toute seule, et un de ces jours je vais faire cornes de gazelle et autres hypocrites douceurs. Car pour mon malheur, je sais les faire.

A demain !

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